MIME-Version: 1.0 Content-Location: file:///C:/CE6A93B9/Crazy.htm Content-Transfer-Encoding: quoted-printable Content-Type: text/html; charset="us-ascii" (Avertissement : Le mot fif n'est pas péjoratif et ne porte en lui aucune intention homophobe

C.R.A.Z.Y de Jean-Marc Vallée

(Avertissement : Le mot fif n'est pas péjoratif et ne p= orte en lui aucune intention homophobe. Il est simplement emprunt&eacut= e; aux dialogues du film. Merci de votre compréhension.)

 

Zachary est le quatrième d’une famille de cinq garçons. Sa mère croit qu’il a des dons, son père chante Aznavour à chaque fête familiale, son frère aîné le traite constamment de fif. Et s’il l’était vraiment ?

 

Jean-Marc Vallée  a fait preuve = de beaucoup de finesse. Une musique envoûtante, un scénario bien ficelé, un sujet universel (relation père-fils), des acteurs attachants et surtout, surtout, un Michel Côté maître de= son art. Car même si le film parle de Zachary, le rôle du pè= re était un rôle crucial. Et Michel Côté de relever haut la main le défi : quand il chante « Emmène-moi au bout de la terre » po= ur la énième fois, nous rions; quand il gifle son fils pour lui fai= re avouer la vérité (qu’il s’imagine..), nous tressaillons; quand il pleure (et je ne dirai pas pourquoi), les larmes descendent le long de nos joues, émanant de nos yeux humides et émerveillés par l’œuvre d’art que Vall&eacut= e;e a réalisée.

 

Même s&= #8217;il n’a pu (ni voulu) contourner quelques clichés : différe= nces des frères flagrantes, mère aimante et compréhensive versus père testostéroné refusant l’homosexualité d’un fils, vantant les exploits  bagarreurs d’un autre, etc.., Vallée a su en contourner la portée,= en traitant ces thèmes avec discrétion : on ne verra jamais Zachary embrasser franchement un garçon, il est attiré= par les garçons, mais il se le nie, il se bat contre cette attirance, parce qu’il ne veut pas, parce qu’il aime son père(?); celui-ci refuse certes son homosexualité, mais il l’aime tout autant. Et c’est là que surgit le meilleur coup du film : alors qu’on avait peur d’une fin Américaine à la = « je n’aime pas ton orientation sexuelle, mais je t’accepte quand même pour noël avec ton mec parce qu’on est dans une société ouverte et que le bien finit toujours par gagner et f= aire évoluer les choses », on finit le film réjouis= de ne pas avoir à subir une moralité pesante, enivrés par des choix musicaux aussi essentiels que judicie= ux, captivés par un jeu d’acteurs (n’oublions pas un Marc-André Grondin mature et troublant de justesse) stimulant, entraînés, pendant tout le film, par des dialogues drôles par moments, des scènes tristes parfois, mais un film toujours const= ant dans sa facilité à traiter des sujets complexes et universels= .

 

C.R.A.Z.Y n&#= 8217;est pas un chef-d’œuvre. Le voyage à Jérusalem, certes justifié mais d’une incohérence relative avec le reste = du film et quelques (très) petites lourdeurs narratives l’en empêchent. Il n’en e= st tout de même pas loin!

8/10