MIME-Version: 1.0 Content-Location: file:///C:/DE884993/Millemois.htm Content-Transfer-Encoding: quoted-printable Content-Type: text/html; charset="us-ascii" Mille mois

Mille mois.

 

Faouzi Bensaïdi.

 

1981. Début du mois de Ramadan. Dans un village= de montagne du Maroc, du haut de ses sept ans, Mehdi vit avec sa jeune mère et s= on grand-père. Son père, lui dit-on, est en France : menson= ge. À l’école, l’instituteur le charge de garder sa chaise : conflits et jalousie. Son amie et voisine Malika, fume, écoute de la musique occidentale et se maquille pendant le Ramadan : impiété et donc, intolérance. Le ca&ium= l;d du village règne en vrai empereur sur le village : abus de pouv= oir.

 

Maintenant que les marocains peuvent parler, ils ne se gêneront pas. Bensaïdi, lui, a beauc= oup de choses à dire. Ce qui représente justement et le point fort e= t le point faible du film.

Son point fort parce que rien, ou presque, n’est épargné. La religion, la facilité avec laquelle on juge les « autres» (autres ici est au féminin), dans un = pays tiraillé par son désir de se moderniser et ses traditions qui l’empêchent de « jeter du lest », l’abus de pouvoir d’un état autrefois beaucoup trop pesa= nt, la pauvreté…

Son point faible, parce qu’à force de cog= ner à toutes les portes, on finit par les ouvrir toutes, sans franchir l= eurs seuils.

La première demi-heure du film est drôle.= Le principe est simple : Mehdi court, rie, saute, et la caméra le suit, lui et sa chaise, partout. Avec un enfant de 7 ans, les situations comiques ne manquent pas. Puis vient la tragédie. Et le film de baisser de « rythme ». Les situations décrites ensuite, ne manquent quand même pas d’intérêt.  Tantôt pittoresques et risibles, tantôt tragiques= , elles dénoncent souvent des sujets qui méritent d’être soulevés.

 

Comme pour refléter le vide de la vie des protagonistes du film, Bensaïdi nous livre= un film avec presque pas de musique : le désert n’est pas que naturel, le désert est aussi ailleurs.

 

Grosso modo, le film se tient. Les maladresses sont ra= res, et la dernière demi-heure est peut-être de trop, mais Bensaïdi en est à son premier long métrage, et l’intelligence de ses propos est indéniable= . On attendra donc le prochain, avec enthousiasme.

 

7/10.